Amadis de Gaule, 1541-1559.

CHF60,000.00

Paris : Jean Longis, Estienne Groulleau, Denis Ianot, 1541-1559.
Complet en 12 livres rel. en 6 vol. in-fol. : 21 x 31 cm.
Réunion complète de la première traduction française des douze livres d’Amadis de Gaule.
Reliures uniformes de l’époque en veau brun moucheté.
Rarissime ensemble considéré comme le « merle blanc de la bibliophilie », « un des livres les plus précieux au monde ».

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Description

RODRIGUEZ DE MONTALVO, Garci / HERBERY, Nicolas, seigneur des Essarts (trad.)

Le premier – [douziesme] livre de AMADIS DE GAULE, traitant de maintes avantures […]

Paris : Jean Longis, Estienne Groulleau, Denis Ianot, 1541-1559.

Complet en 12 livres rel. en 6 vol. in-fol. : 21 x 31 cm.

Réunion complète de la première traduction française des douze livres d’Amadis de Gaule, les seuls qui aient été imprimés au format in-folio, composée ici de six d’entre eux en éditions originales (II, III, V, VII, VIII, XII), les autres étant des réimpressions au même format, par les mêmes libraires.

V.1-L.I (Éd. 1548)/ 1 f. de titre, 4 ff. n. chiff. de prologues et tables, CL ff. chiff., y. c. 14 fig. ; V.1-L.II (EO 1541) / 4 ff. n. chiff. de titre, sonnet au lecteur et table, [XCVI] ff. chiff. dernier f. chiff. par erreur LXXXVI, y. c.12 fig. ;
V.2-L.III (EO 1542)/ 1 f. de titre, 2 ff. n. chiff. de dédicace et tables, XCIIII ff. chiff., y. c. 18 fig. ; V.2-L.IV (Éd. 1555)/, 1 f. de titre, 5 ff. n. chiff. d’épître et tables, CXI ff. chiff., y. c. 27 fig. dont 2 hors-texte ; V.2-L.V (Esplandia, EO 1544)/ 6 ff. n. chiff. de titre, privilège, épître et table, CXVII ff. chiff., y. c. 35 fig. dont 1 front. hors-texte en regard du f. 1, 2 hors-texte (f. 32ro, f. 65vo) ;
V.3-L.VI (Perion et Lisvart de Grèce, Éd. 1557)/ 5 ff. n. chiff. de titre, épître et tables, 1 front. grav., CXXVIII ff. chiff., y. c. 42 fig. dont 1 hors-texte (f. 111vo) ; V.3-L.VII (Amadis de Grèce, EO 1546)/ 4 ff. n. chiff. de titre, épître et tables, CXXIII ff. chiff., y. c. 49 fig. dont 1 hors-texte (f. 69ro), page de titre + une trentaine de ff. remargés ;
V.4-L.VIII (Amadis de Grèce, EO 1548)/ 10 ff. n. chiff. de titre, épître et tables, CLXXXII ff. chiff., y. c. 58 fig. dont 1 hors-texte (f. 110) et 3 fig. rehaussées en couleurs ; V.4- L.IX (Florisel de Niquée, Éd. 1553)/ 8 ff. n. chiff. de titre, épitre et tables,CXC ff. chiff., y. c. 38 fig.
V.5-L.X : (Suite de Florisel, Éd. 1555)/ 8 ff. n. chiff. de titre, épître, ode et table, CXXVII ff. chiff., y. c. 57 fig. ; V.5-L.XI (Rogel de Grèce, Éd.1559)/ 8 ff. n. chiff. de titre, épître, ode et table, CLV ff. chiff., y. c. 46 fig. dont 1 hors-texte (f. 5vo) ;
V.6- L.XII : (Agesilan de Colcos et Fin de Florisel, EO 1556)/ 8 ff. n. chiff. de titre, épître et tables, CCXL ff. chiff. y. c. 62 fig., 6 derniers ff. remargés, ff. 145-150 manuscrits, reprenant la mise en page et les figures.

Volumes illustré d’une impressionnante suite de 457 vignettes gravées sur bois, dont plusieurs hors-texte, dans un style proche de Jean Cousin, toutes composées par l’atelier typographique de Denis Janot.

En totale rupture avec la tradition éditoriale parisienne du roman de chevalerie des années 1530, l’illustration d’Amadis constitue une réelle nouveauté où l’image n’est plus seulement descriptive. On retrouvera ainsi un nombre important de vignettes composées pour Amadis dans d’autres ouvrages imprimés par Janot et Groulleau. (Chatelain, 2000).

Rarissime ensemble considéré comme le « merle blanc de la bibliophilie », « un des livres les plus précieux au monde ». Très rares sont les bibliothèques publiques ou privées à avoir pu réunir ces XII livres au format in-folio. (Forgeot et Quentin, 1999).

Reliures uniformes de l’époque en veau brun moucheté. Dos à 6 nerfs avec titre et tomaison en capitales dorées. Fleurons en étoile aux caissons. Deux filets dorés en encadrement des plats. Tranches jaspées. Ex-libris : Albert Natural (diplomate et bibliophile genevois). Ex-libris : André Gutzwiller.

Traces d’usages, coins frottés. Coiffes habilement restaurées.

C’est à partir de 1540, sous le règne de François Ier, que cette traduction commença à paraître. Ce roman eut une grande vogue, et il s’agit du plus important et célèbre roman de chevalerie de la Renaissance. (Gay, 1871, I, p. 85).

« L’apparition de la traduction d’Amadis en Gaule par Herberay des Essarts, en 1540, constituait par son élégance et sa clarté un acte fondateur dans le développement de la prose française ». (Chatelain, 2000, p. 42).

L’original espagnol de Garci Rodríguez de Montalvo, fut publié à partir de 1508 à Saragosse. Il s’agit du remaniement d’un texte antérieur dont la datation, la localisation et l’attribution sont fort discutées. On attribue généralement l’invention du personnage d’Amadis à Vasco de Lobeira ou à João Lobeira, trou-badours portugais respectivement du XIVe siècle et du XIIIe siècle. Cependant, le premier traducteur d’Amadis, Des Essarts, affirment que les livres espagnols dont il a fait la traduction sont inspirés d’une œuvre originale française. Dans son épître dédicatoire, il dit avoir « trouvé encores [sic] quelque reste d’un vieil livre escrit à la main en langage picard, sur lequel j’estime que les Espagnols ont fait leur traduction, non pas du tout suivant le vray original […] ».

Aux dires de Cervantes, Amadis de Gaule est le premier livre de chevalerie qui a été imprimé en Espagne, et qu’il a servi de modèle à tous les autres. Ce serait le meilleur livre qu’il y ait dans ce genre. (Creuzé de Lesser, Amadis de Gaule, 1813, p. VI).

Amadis est l’exemple type de l’amant constant et respectueux aussi bien que du chevalier errant. Accompagné de son frère Galaor et protégé par l’enchanteur Alquif et la fée Urgande, il doit affronter des épreuves innombrables afin de conquérir la belle Oriane. (Lever, Romanciers du Grand Siècle, 1996, p. 42).
Fils de Périon, roi fabuleux de France, et d’Élisène de Bretagne, Amadis est abandonné à la naissance. Placé dans une barque avec une bague et une épée, les flots poussent sa nacelle jusqu’en Angleterre. Devenu un beau jeune homme, il décide de partir à la quête de ses origines ; il traverse dès lors les aventures les plus fantastiques, toujours protégé par la fée Urgande.
Appelé tantôt, Chevalier du Lion, le Beau Brun ou le Beau ténébreux, il vainc, par exemple, le géant Abyès, ennemi du roi Périon. Il sauve Lisvart, roi de Bretagne, et sa fille Oriane, tombés au pouvoir du sorcier Arcalaus et enfermés dans un château enchanté. Ou encore, en passant par l’Île Ferme, Amadis délivre tous les prisonniers du légendaire château des Boucliers, un lieu d’épreuves insolubles proposées aux chevaliers.

Les quatre premiers livres traitent d’Amadis de Gaule, proprement dit, les suivants racontent les exploits de son fils Florisando et de plusieurs autres. Les 8 premiers livres sont traduits par Nicolas Herbery, seigneur des Essarts, paru originalement de 1540 à 1548, ils contiennent, outre Amadis, Esplandia, livre V (1544), Perion et Lisvart de Grèce, livre VI (1546), et Amadis de Grèce, livres VII et VIII (1546 et 1548). Le IXe livre (1552), qui commence Florisel de Niquée, a été trad. par Gilles Boileau, et revu par Cl. Colet. Le Xe livre (1552), la suite de Florisel, est trad. par Jacques Gohorry, de même que le XIe, Rogel de Grèce (1554). Le XIIe livre, Agesilan de Colcos et Fin de Florisel, (1556), a été trad. par G. Aubert de Poitiers. Ces différents livres ont été réimprimés de 1543 à 1559, dans le même format. (Gay, 1871, I, p. 85).

Le cinquième livre, Esplandia, constitue un americana du plus haut intérêt. On y découvre un pays mythique « très opulent et fertile » riche en or et pierre précieuse, situé « à la partie droite des Indes ». Il est gouverné par la reine des Amazones Calasie. Son royaume se nomme « Californie ». Il semble ainsi que la Californie doivent son nom à l’imagination des auteurs et traducteurs de l’Amadis. (Encyclopédie Britanica).

Réf. : Barbier, I, p. 119 / Baret, Amadis de Gaule, 1853 / Brunet, I, p. 206 / Graesse, I, 89-95 / Mortimer, French Books, I, no 16 / Rawles, Earliest Editions … of Amadis, 1981 / Vaganay, Amadis en français, 1906.